lundi 20 novembre 2017

L'AFEF à l'usine Swiss Krono et en forêt d'Orléans

Outre ses petits-déjeuners-conférences mensuels bien connus, l'AFEF organise régulièrement des tournées sur le terrain, visites de scieries, d'usines et de forêts. Cette fois la matinée était consacrée à la Région Centre, une double visite de l'usine de panneaux Swiss Krono de Sully sur Loire, et l'après-midi à la forêt domaniale d'Orléans à la régénération du chêne et à la commercialisation des bois de qualité merrain.

Le groupe AFEF à l'usine (photo NJC)
Une quinzaine de membres de l’AFEF participait à cette sortie.

L’usine de panneaux de particules et de panneaux OSB de Sully sur Loire est l’une des dix usines dans le Monde du groupe suisse Swiss Krono, l’un des leaders internationaux du panneau bois. Elle s’est implantée en 1987 à Sully sur Loire et n’a cessé de se développer depuis. Pour la production des panneaux OSB pour la construction, l’usine consomme 6000 tonnes de rondins de résineux et feuillus par jour, maintenant à 50 % feuillu et 50 % résineux (pin) ce qui est important pour les forestiers. Elle consomme aussi des bois de recyclage, sciure et produits connexes de scieries pour la production des panneaux de particules.
Réception des bois, 150 camions par jour (jmb)
Ses clients sont les plus grands fabricants de meubles pour les cuisines, salle de bains… avec un grand souci environnemental par la réduction sous 4 % du taux de formaldéhyde des colles utilisées, un effort effectué au détriment de la productivité face à une concurrence  vive. Les  préoccupations d’approvisionnement, concurrence du bois énergie, rayon d’approvisionnement, et les difficultés pour trouver suffisamment de bois certifiés PEFC ont été largement évoqués. Un bel outil d'industrie lourde : 200 millions d’euros pour une ligne de production de panneaux OSB ! 
 
Dominique de Villebonne avec ses collaborateurs ONF (jmb)
La forêt d’Orléans, la plus grande forêt domaniale de France, s’étend sur  35 000 ha. Son histoire prestigieuse passionne Pierre Bonnaire qui prépare un livre sur ce sujet. Il avait accepté de nous accompagner aux côtés des représentants de l’ONF. Ils ont pu nous expliquer les diverses dimensions de la gestion de cette forêt, promeneurs, et production des peuplements prestigieux de chênes ligériens recherchés pour la fabrication des tonneaux pour les plus grands vins. Le groupe a pu discuter avec les agents ONF des techniques de renouvellement, coupes de régénération, d’amélioration et de la valorisation commerciale des chênes. Des discussions passionnées qui mériteraient d’être prolongées…
Un compte-rendu plus détaillé paraîtra prochainement sur ce blog.

La prochaine conférence de l'AFEF sera suivie du diner de fin d'année le mercredi 6 décembre 2017 au Club de la Maison de la chasse et de la nature,  à 18 h. L'intervenant sera Dominique Jarlier Président de la Fédérations Nationale des Communes Forestières (FNCOFOR), sur le thème "les orientations stratégiques de la FNCOFOR". (Inscriptions à l'AFEF).





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jeudi 12 octobre 2017

Jean-Marie BALLU à l'AFEF : Plus de bois dans les maisons plutôt que plus de maisons en bois

Paris, 12 Octobre 2017 - Telle a été la conclusion de Jean-Marie Ballu(1) lors de la réunion AFEF (2) du 12 octobre 2017  intitulée : « Un paradoxe français, une forêt sous-exploitée et un risque d'envol des constructions en bois importés ». Sur la base des très nombreux rapports réalisés sur la forêt et le bois et après le « rapport Puech » remis le 6 avril 2009 au Président de la République un constat s’impose : une sous-exploitation criante par la France de ses feuillus qui constituent pourtant 72% de la forêt française. Les résineux, en revanche, sont très exploités mais plus assez plantés depuis la disparition en 2000 du Fonds Forestier National (FFN).


Les importations de bois, notamment de Douglas, venus d’Europe centrale ou du nord, aux prix très concurrentiels, pèsent sur le solde de la balance commerciale française, et la tendance porteuse actuelle en faveur du développement du bois dans la construction, surtout depuis le Grenelle de l’environnement, profite avant tout aux sciages d’importation faute de capacité de transformation industrielle sur notre territoire, sans oublier le coût carbone du transport routier sur de longues distances.

Près de 50 % de la production biologique de la forêt française n'est pas utilisée et la récolte stagne depuis deux décennies alors que la production biologique a augmenté de 30 %. Les feuillus pourraient être davantage utilisés, non seulement en structure, ameublement et décoration mais aussi pour des panneaux massifs épais tel que le CLT.

« Le marché tire - ou devrait tirer - la forêt » : pour cela, il faut avant tout recréer auprès des consommateurs une envie de feuillus (chêne, hêtre , peuplier) et feuillus précieux que la forêt française peut fournir. précise Jean Marie BALLU en lançant plusieurs propositions concrètes pour y parvenir :

  • Redonner le goût des feuillus au public, aux consommateurs (par la pédagogie et une communication très ciblée), afin de recréer un marché  pouvant intéresser les industriels,
  • Moderniser nos filières forestières et  industrielles,
  • Mobiliser les bois français non récoltés, car ce sont  bien les ventes de bois qui font vivre la forêt, - et replanter des résineux et des peupliers pour  combler les trous de production attendus par un Fonds de reboisement et d'adaptation de la forêt au changement climatique (FRACC).
Trop recourir à la solution de facilité consistant à importer des résineux, est déstructurant pour la forêt française qui irait  vers une forêt  « protégée », plus impénétrable, et délaissée par l’économie, se reposant sur les forêts industrielles européennes.

Après les contentieux et crispations entre diverses filières, des démarches volontaires de coopération pourraient conduire à une incorporation volontaire et croissante de bois dans les constructions. Les complémentarités sont fortes avec le béton (soubassement, noyau central ...) et les autres matériaux tels que les briques, tuiles, ardoises etc.. Les industriels français multimatériaux pourraient envisager de venir aider cette filière soutenable en y contribuant au titre de la compensation carbone à espérer.

Jean-Marie BALLU conclut : « Mettre au cœur de sa maison un parquet de chêne ou un bel escalier en bois de pays, lui donne une âme ! un vrai plus qui valorise cette construction pour le futur et la fait monter en gamme ». Et à propos de l'augmentation du minimum de bois dans les constructions et pour utiliser plus les feuillus : « Mettre  plus de bois dans les maisons… ce n’est pas.... faire plus de maisons en bois ! ».



(1) Jean-Marie BALLU Jean-Marie Ballu, ingénieur général honoraire des Ponts des Eaux et des Forêts, a consacré une grande partie de sa carrière à la forêt avant de la terminer comme président de la section « eau» puis de la section « nature, forêt, paysages » du ministère de l’agriculture (et de la forêt) où il était en charge depuis 2006 du secteur "bois, produits forestiers et biomasse" et auteur du rapport "pour mobiliser la ressource de la forêt française" (novembre 2007 / Assises de la forêt).

(2) AFEF, Association Française des Eaux et Forêt, est une communauté de réflexion et d'échange entre tous les partenaires de la filière forêt bois disposés à la faire progresser. Elle a pris la suite de la Société des amis et anciens élèves de l'École nationale des Eaux et Forêts, association créée à Nancy en 1925 à l’occasion du centenaire de l’enseignement forestier, celui de l'École royale forestière créée en 1824. La cooptation sur présentation d’un parrain est la règle.L'AFEF est reconnue d'utilité publique depuis le 19 février 1937. La liste de ses activités et de ses contributions depuis 85 ans est considérable www.afef.fr

jeudi 28 septembre 2017

Conférence : " Le paradoxe français forêt bois construction " à l'AFEF le 12 octobre à 8h00


Le jeudi 12 octobre à 8 h, au Club du Musée de la chasse et de la Nature, l'AFEF vous propose une conférence-petit déjeuner en présence de  Jean-Marie Ballu, autour des possibilités futures d'approvisionnement en bois dans la filière construction « Un paradoxe français, une forêt sous-exploitée et un risque d'envol des constructions en bois importés ». 

Cette étude fait suite au rapport "Pour mobiliser la ressource de la forêt française" (rapport du CGAAER d'oct. 2007 rédigé sous présidence Ballu) et au "Rapport Puech" (d'avril 2009 et rédigé à la demande du Président de la République). Il relève l'insuffisante exploitation des feuillus - chêne et hêtre notamment - pour une construction qui ne réclame actuellement que  des résineux. Notre forêt est  essentiellement feuillue (à 75 %) et nos sciages sont à 80 % résineux -douglas, épicéa, sapin et pin-, là est un vrai paradoxe.

  - Quid de l'exploitation actuelle des forêts ?
  - Quel avenir pour l'approvisionnement en bois dans le secteur de la construction ?
  - Quelles solutions dans un marché de la construction en pleine mutation ?
  - Comment redonner le goût des feuillus ?

Des espoirs sont peut-être en vue ...
Un objectif Parfaitement en phase avec les "Assises du produire en France", (Reims, 16 septembre 2017), principes soulignés par les déclarations du Ministre de l'économie, Bruno Le Maire.

La conférence sera suivie d'un débat très ouvert avec la profession, forestiers, industriels du bois et constructeurs.

Inscription
Cette conférence se tiendra le jeudi 12 octobre 2017 à 8h00 au Club du Musée de la Chasse et de la Nature, 60 rue des Archives, 75003 Paris. Tarif 25 € (adhérents 20 €) payable sur place par chèque à l'ordre de l'AFEF. Merci de confirmer votre inscription auprès de notre Secrétaire général Bernard Gamblin. betmc.gamblin@cegetel.net   Attention : nombre de places limité. Il reste encore quelques places disponibles.